Les loi LRU (2007) et Fioraso (2013)

La LRU (2007)
et la loi Fioraso (2013)

 

 

La catastrophe budgétaire que subissent de nombreuses universités, avant même qu’ait été annoncée leur dotation annuelle pour 2014, n’est pas le fruit de la crise économique, contrairement à ce qu’assènent tous les discours « réalistes » tenus par les nouveaux managers de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR). Elle est la conséquence logique d’une politique élaborée par le précédent gouvernement et que le suivant a suivie avec une fidélité proprement admirable. Au quotidien pour les étudiant-e-s et personnels, cela a pour conséquences directes : regroupement de cours et fermeture d’options, baisse du quota d’heures, réduction de l’offre de formations, gel des postes…

La loi LRU («Libertés et Responsabilités des Universités » ) date de 2007 sous le quinquennat Sarkozy. C’est une réforme qui a pour principal objectif de rendre les universités « autonomes » financièrement. En clair, l’État se désengage financièrement, ce qui oblige les universités à chercher leurs propres financements (via par exemple faire payer cher la formation aux étudiants, le mécénat ou les entreprises privées du bassin économique local). Et surtout c’est aux universités de gérer directement la « masse salariale »( = cumul des rémunérations des salariés d’un établissement) sans les moyens qui vont avec. C’est principalement sur ce transfert de budget que ces dernières se retrouvent en difficultés financières, voire en déficit. 36 universités sur 76 en France ont fini l’année 2012 avec un fonds de roulement inférieur au seuil de prudence de 30 jours. Pour 2013, elles seront 50. “Nous avons 18 jours de fonctionnement”, confie Pascal Reghem, président de l’université du Havre. La trésorerie est quasiment nulle à Paris 1. Les universités et les UFR sont ainsi directement mises en compétition les unes entre les autres avec gagnantes et perdantes pour les financements(par des critères de notation et d’évaluation strictes) .La gestion managériale des personnel-le-s inhérente au privé arrive progressivement dans nos universités.

L’actuel gouvernement PS via sa ministre de l’ESR Geneviève Fioraso (PDG d’une grande entreprise spécialisée en nanotechnologies « Minatec » à Grenoble), a décidé de poursuivre cette politique de marchandisation de l’ESR. La nouvelle loi Fioraso maintient non seulement « l’autonomie » des universités, mais elle la renforce. Elle pousse les filières voire les universités à se regrouper les unes avec les autres, ou à disparaître. Elle donne la possibilité aux universités d’accréditer elles-mêmes certains diplômes, renforçant la casse du cadrage national de ces derniers. Quant aux licences, elles sont vouées à être transformées en profondeur, à devenir une simple continuité du lycée avec une insertion de plus en plus croissante des entreprises du privé dans la création du contenu des formations

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